Innovation sociale – évaluation – l’expérimentation sociale

L’un des principaux défi d’une innovation sociale, une fois mise en oeuvre, est de pouvoir démontrer son efficacité pour imaginer, ensuite, sa généralisation à d’autres populations, d’autres territoires.

On s’arrête souvent, et les anglais sont champions du monde en la catégorie, à déclarer que le programme est innovant, utile et donc à généraliser sans toujours prendre la peine de l’évaluer et ainsi d’apporter la preuve de son efficacité.

C’est un problème constant pour toute politique publique confrontée à une rareté de ressources, cela l’est plus encore lorsque la politique en question concerne soit des solutions originales (donc intempestives), soit des populations jusque là laissés pour compte (donc coûteuses).

L’expérimentation sociale constitue à ce titre une des pistes les plus intéressantes et ambitieuses qu’il ait été donné d’observer au cours des dernières années.

– Issue des politiques de développement, elle les influence désormais de manière considérable.

– fondée sur la comparaison rigoureuse de deux populations, l’une exposée au dispositif étudié et l’autre laissé en l’état, l’expérimentation sociale est susceptible d’apporter des résultats fort peu contestables.

– le principe qui l’organise, la randomisation (ou tirage au sort aléatoire des deux groupes), pose d’innombrables problèmes pour sa bonne mise en oeuvre dans les pays développés.

– comparée à d’autres méthodes d’évaluation, l’expérimentation est sans doute plus robuste, mais son usage doit être dirigée avec sagesse

– elle a la chance de disposer d’un ambassadeur de choc, français, en la personne d’Esther Duflo.

Je reviendrai sur les débats entourant le concept d’expérimentation sociale pour en définir les contours, les enjeux et tenter d’évacuer définitivement certaines acceptions tristement technocratiques (au sens très fort du terme) de cette méthode. Je profite cependant de ce billet pour indiquer que le nouveau livre d’Esther Duflo et de A. Barnajee, Poor economics, est en pré-commande (eh oui, même les matheux font du teasing).

Ne l’ayant pas eu entre les mains, mais ayant regardé d’un peu près le site qui accompagne le lancement du livre, je pense que ce livre est sans doute une des lectures importantes en 2011 pour qui s’intéresse à la lutte contre la pauvreté dans le monde.

On peut déjà, pour qui a très faim d’expérimentation sociale, lire les deux opus publiés par E. Duflo à la République des Idées ou regarder ces cours gratuitement sur le site du MIT.

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