Qui a dit que la France ne connaissait rien à l’innovation sociale

Sur la google map mondiale de l’innovation sociale, la France est rarement mentionnée. La cause vient moins de ce que les associations françaises et le secteur de l’économie sociale ne sont pas créatives mais plutôt du fait des discours qui entourent le champ social français. Ce qui est valorisée tient plus à la « prise en considération des besoins de l’usagers »,  » la démarche participative qui entourent les projets » qu’à la pérennité financière des dispositifs (c’est l’Etat qui paie) ou aux formes de collaboration à l’oeuvre (c’est l’Etat qui délègue).

Résultat, on fait un foin infernal autour de certains projets étrangers qui paraissent à l’observateur français très très convenus.

Les choses changent, pourtant. D’une part, des associations commencent elles-aussi à faire un effort appliqué de marketing, on rhabille d’autres associations en « entreprise sociale » (tant pis si ce sont des associations vivant à plus de 50% de subventions publiques).

Trois évènements récents peuvent par ailleurs être soulignés.

D’une part se tient ces jours-ci les journées de lancement de l’initiative européenne en faveur de l’innovation sociale. Littéralement capté par les anglos-saxons (que voulez vous ils savent se vendre), il fait cependant intervenir Martin Hirsch, président de l’agence du service civique, parmi les « innovateurs européens ». Comme toujours cependant, on parlera beaucoup d’innovation sociale sans savoir de quoi on parle……

D’autre part, le conseil d’analyse stratégique organise à la fin du mois un séminaire sur l’économie sociale et ses évolutions. Jusqu’à présent le secteur de l’économie sociale et les représentants du social business s’ignoraient assez largement et l’initiative du CAS (qui décidemment est en train de se dépoussierer) pourrait faire elle aussi être intéressante. Evidemment, dans ce genre de manifestation, on ressort toujours les mêmes personnes, censées représentées l’ensemble du secteur (on se demande d’ailleurs pourquoi Borello n’est pas présent….). Pas sûr que ce soit la meilleure façon d’avancer, mais, bref, chaque chose en son temps.

Le dernier élément tient à  note préparée pour le premier ministre anglais sur la présence de la Big Society en Europe. Et, surprise, deux initiatives françaises sont mentionnées. Il s’agit d’une part du fonds d’expérimentation pour les jeunes, mis sur pied par Martin Hirsch, encore et, d’autre part du projet porté par Danone (via Bledina) sur la nutrition infantile (où le représentant de l’Etat n’était autre que …. Martin Hirsch).

Je dois reconnaître que ce sont 2 objets très intéressants en terme d’ingénierie publique, d’intentions et d’objectifs. Le premier a été un peu détourné de son sens originel, malheureusement (agenda politique + patte technocratique = machin inabouti) mais il pourrait de fait être une utile source d’inspiration pour la suite des évènements (ne serait-ce que par là où il a foiré). L’autre, en cours de mise en oeuvre est somme toute une sacrée usine à gaz mais la démarche mérite l’intérêt qu’on lui porte.

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