Dépenses de santé : l’exemple hollandais

Je mentionnais voilà quelques heures l’annonce faite par le gouvernement Cameron de réorganiser le NHS en confiant une partie des ressources budgétaires de cette dernière à des groupes de médecins généralistes, en « by passant » donc les primary care trust.

On verra bien ce que cela donne.

Aux Pays-Bas, précédant en cela la récente proposition du gouvernement Obama d’introduire un nouvel acteur dans la prise en charge des maladies chroniques des patients bénéficiaires du medicare, a été introduit en 2007 un dispositif original, intitulé le Bundle payment.

Le principe rudimentaire est simple. Des groupes de soignants, essentiellement des médecins généralistes, se voient confier la prise en charge de patients atteints de pathologies chroniques. Contre une somme définie par capitation, ces médecins doivent pourvoir l’ensemble des soins dont cette population a besoin (premiers soins et spécialistes). Il leur revient donc de contractualiser avec d’autres professionnels pour couvrir la demande de soins. Capitation et maîtrise des dépenses de santé, voilà qui sonne bien.

Vieux débat que celui du choix entre paiement à l’acte et paiement par capitation. En règle général, on s’affronte pour des raisons idéologiques sans prendre la peine de savoir l’impact de l’un ou l’autre choix. Les hollandais ont quant à eux conduit l’expérimentation et les résultats sont plus mitigés qu’il pourrait y paraître puisque s’il y a une amélioration de la qualité des soins (principalement du fait du renforcement de la transparence de l’information), les coûts de transaction entre les médecins généralistes et les autres professionnels du soin sont non seulement importants mais suscitent parfois de relations conflictuelles entre professionnels ….

Voilà des questions passionnantes pour notre système de santé et notamment pour imaginer les solutions qui permettront de mieux prendre en charge les maladies chroniques (qui représenteront dans quelques années, 75% des dépenses de santé tout de même).

Evidemment, en France, on préfère détricoter la loi HPST (qui signifie Haute Probabilité de Statu quo Total) et fliquer un peu plus encore les praticiens hospitaliers ou prononcer l’anathème sur la surveillance du médicament en France (si on voulait être vraiment moins con, suffirait de lire ce qu’écrit Didier Tabuteau sur la question et l’appliquer mot pour mot).

Pour plus de détails, voir l‘article du New England Journal of medecine, 16 mars 2011

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