Pourquoi il ne faut pas pas donner pour le Japon: quand la philanthropie est inutile

J’écoutais ce matin la chronique de Pascale Clark sur France inter, la bouche encore pâteuse. Elle s’étonnait du peu d’émotion suscitée chez nos compatriotes par la catastrophe japonaise. Serions nous donc insensibles à la détresse du soleil levant? Voilà qui mérite qu’on y regarde de plus près.

On peut y voir sans doute un signe supplémentaire du danger idéologique de l’indignation. L’indignation, dont vous pouvez trouver la définition dans le livre que vous avez immanquablement chez vous, est certes étroitement liée à nos catégories morales mais plus encore à notre perception de l’évènement, à la manière dont il nous apparaît, qu’il nous est raconté.

Vous êtes indignés de voir un jeune type la tête inclinée mendier une pièce, vous ne l’êtes plus quand vous croisez un pochetron ivre mort qui sort son zob pour pisser dans le métro. Pourtant, il est fort à parier que le second est dans une merde plus noire encore que le premier. L’indignation est donc affaire de « storytelling ».

Le Japon est au storytelling ce que la sobriété est à BHL : un furieux oxymore. La souffrance japonaise n’est guère spectaculaire, un peu comme dans le film voyage à tokyo d’Ozu.

Faut-il pour autant donner pour le Japon?Déjà des personnalités se sont mobilisées, Lady Gaga a conçu un bracelet en plastique dont les produits des ventes iront au Japon, Kate Perry a lancé un appel à ses fans via facebook pour faire des dons à la croix rouge, Charlie Sheen a annoncé qu’il reverserait une partie des recettes de son prochain spectacle pour le Japon. L’agence Wieden et Kennedy de Portland a dessiné une affiche…..De nombreuses autres initiatives, parfois innovantes se créent, encore et encore.  L’un dans l’autre, ce sont quelques 10 millions de dollars qui ont déjà été levés.

On peut même soutenir des associations qui viennent en aide ……. aux animaux japonais !!!!

Il y a pourtant de bons arguments pour ne pas donner au Japon. Le site Givewell (vu via Ezra Klein) le pense et on serait plutôt d’avis d’être d’accord (pour une analyse similaire voir aussi le blog de Salomon sur Reuters, plus convaincant là que sur l’économie de la cuisine,) voici quelques uns des arguments.

– Le Japon est un pays riche où l’Etat n’est pas défaillant. Sitôt la catastrophe passée, le gouvernement a emis des dizaines de millions de dollars sur les marchés pour avoir les liquidités nécessaires.

– Le Japon n’a pas demandé d’aide, pour le moment du moins.

– Les ONG sont remarquablement agressives pour solliciter des dons, alors même qu’elles ne pourront pas le dépenser pour le Japon.

Givewell conclut que tant qu’à faire un don, mieux vaut l’accorder à la croix rouge japonaise ou à MSF (j’ai pour ma part une préférence pour MDM).

Ne pas donner ne signifie pas ne pas être concerné, ça va sans dire, mais rien ne sert de marcher à l’indignation ou à la compassion lorsque celle-ci est mal dirigée.

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2 réponses à “Pourquoi il ne faut pas pas donner pour le Japon: quand la philanthropie est inutile

  1. Mais c est quoi cet article !? Je n’ai absoluement rien compris et surtout pas le but !! En quoi cela vous concerne les dons que des gens pourraient faire ? Vous craignez un deséquilibre des échanges ?
    Pitoyable ! Et vous n’avez rien d autre à faire….????!!?

  2. Pingback: Japon, la suite « Morgan Poulizac·

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