Où sont passées les certitudes politiques? Japon, Libye

Ce soir, peu après l’adoption de la résolution aux nations-unies lançant un ultimatum à l’égard de la Lybie, Kadhafi a déclaré un cessez le feu inattendu, tout en poursuivant sa campagne de représailles, dans ton cul salope ! comme on dirait au PSG.

Ce billet n’a pas pour objet de commenter les évènements récents en Libye et au Japon, chacun son truc. En revanche, je suis tout à fait surpris de la prudence avec laquelle ces deux catastrophes sont appréhendées par les acteurs politiques. Suite aux incidents du Japon, point de déclarations à l’emporte pièce sur le caractère incomparable de la situation européenne et japonaise en matière de nucléaire. A l’inverse, on sent poindre partout en Europe une incertitude sur les choix énergétiques à accomplir, sur le niveau de précaution qu’il conviendrait d’adopter. A ces questions, pas de réponses péremptoires mais un doute palpable.

Sur la Libye, les déclarations du président Obama, du premier ministre Cameron et du ministre des affaires étrangères Alain Juppé à la suite de la résolution des nations unies sont nuancées, marquées elles aussi par l’incertitude des conséquences potentielles d’un conflit avec la Libye.

Obama, dans un style désormais régulier, parle avec résolution mais jamais il ne pérore sur les suites d’un engagement possible. Kadhafi, dit il en substance, a le choix. Un peu comme si cela l’arrangeait de ne pas devoir choisir à sa place. On est loin, de dieu, du discours de cowboy de son prédécesseur. Incertitude….

Cameron, tout en faisant preuve de la même résolution que son homologue US, n’adopte pas loin s’en faut, un discours guerrier. C’est la prudence, l’inquiétude même qui perce plus que le fameux  « rejoice, rejoice » annoncé par Thatcher avant l’envoi des troupes aux Malouines. Incertitude…

Juppé, sans doute le meilleur ministre des affaires étrangères que la France ait eu depuis …… Alain Juppé (j’exagère sans doute puisqu’entre temps Hubert Védrine a occupé le poste) et dont l’action nous rappelle que, pour être entendue, la voix de la France doit dire des choses intelligentes, fait lui aussi preuve d’une grande réserve sur les objectifs poursuivis par une éventuelle intervention.

Tout ceci pour dire quoi? Ces deux évènements majeurs montrent à quel point il n’y a plus beaucoup de place pour la proclamation de certitudes (sur le risque nucléaire, sur les objectifs d’une guerre….). Au contraire, c’est bien un principe d’incertitude qui guide la réception publique des évènements et la réaction des États à ces derniers. Faut-il le regretter? Tout à l’inverse, l’espace public mondial (le terme est un peu grandiloquent, désolé) n’a jamais été aussi passionnant : Régulation financière, régulation énergétique, nouvel ordre géopolitique, depuis que j’ai l’âge de raison (ce dernier ayant débuté une fois débarrassé de mon acné, c’est à dire il y moins de 10 ans), je n’ai jamais senti une telle effervescence pour réformer et agir.

La politique de l’incertitude serait-elle devenue la seule certitude politique ? (voilà une phrase qui mérite l’épithète de Derridien, c’est à dire inspirée du style de Derrida, c’est à dire incompréhensible…. mais tellement intempestive!).

 

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