Après la creative class, la caucus class

Nous avons connu la « creative class », célébré par Richard Florida dans les années 2000. Haydn Shaughnessy, chroniqueur au magazine Forbes, nous annonce dès à présent la Caucus Class, le « consommateur créatif post-bobo qui préfère faire des choses et introduire des petits changements plutôt que boire du chardonnay ».

Lassés du monde des idées, y compris de celle des conférences TED, fatigués des nouvelles technologies, sauf celles qui permettent de faire soi même, exaspérés de l’éco-tourisme sauf s’ils peuvent dormir sur le canapé d’un local, les « nouveaux naturalistes » sont les nouvelles graines de changement de nos sociétés décidément perdues.

On les croise dans les grandes messes de DIY (pour « do it yourself »), et s’ils apprécient le concept des AMAP, ils préfèrent encore pouvoir cuisiner eux-même.

Je dois admettre qu’à trop « thinker global », un certain nombre d’individus, si futés fussent-ils,  avaient omis qu’il fallait aussi « doer local » et comment ne pas voir dans le mouvement du fooding, dans la culture colette et apc l’émergence du nouvelle bourgeoisie contre laquelle nécessairement une nouvelle classe apparaît ?

Notre auteur, par ailleurs éditeur du site innovation management, voit dans ces nouveaux comportements les traits d’un déclinisme patent et du recentrage des individus vers la poursuite de leur propre satisfaction, celle ci ne passant pas nécessairement par la réussite telle qu’on l’entend d’habitude.

Je partage avec lui la marque d’une aspiration croissante vers d’autres formes de bonheur, j’ai déjà eu l’occasion de le dire. Quant à considérer que cette nouvelle classe serait méfiante envers toute institution, je pencherais plutôt pour dire que les institutions laissent encore peu de place à ces nouveaux individus. En revanche, je serais plus prudent pour distinguer une catégorie d’hédonistes vivants sur l’héritage social de leur parent, centrés exclusivement sur leur propre plaisir et dont le seul objectif est d’ouvrir un bar au Costa Rica avec ceux qui, se débrouillant tant bien que mal avec les réalités de la vie, aspirent cependant à sortir du broyeur que sont devenues nos sociétés.

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