Perspectives en santé : rôle des entreprises et coordination

La santé est sans aucun doute l’un des plus stimulant champ d’innovation sociale. Tout d’abord en raison de son coût, croissant dans les économies développées; en outre par son potentiel d’innovation technologique, sans cesse repoussé par l’ingéniosité industrielle; enfin parce que la santé est un des secteurs les plus réfractaire à toute innovation organisationnelle, pour partie en raison du corporatisme de ses professionnels, du manque de créativité des pouvoirs publics et des habitudes acquises.

En particulier, la France n’arrive pas à penser l’acte médical en dehors d’un cabinet et rémunéré en tant que tel. Conséquence, les dogmes du paiement à l’acte et du pseudo « parcours de soin » semblent indépassables. Incidemment, le financement de la santé est centré sur le soin et non, ou si peu, sur la prévention.

Pourtant, autour de nous se multiplient des expériences, des innovations dont il s’agirait un jour de s’inspirer si l’on ne veut pas que notre système de santé s’épuise de sa propre bêtise.

Deux propositions au hasard, nourries par des expériences récentes. Dans son rapport sur les inégalités sociales de santé, que j’ai déjà mentionné, l’INPES souligne le déficit d’investissement sanitaire sur les lieux de travail. Ce n’est pas peu dire. Des chercheurs ont étudié l’impact du programme de promotion de la santé développé par l’entreprise Johnson et Johnson pour ses salariés. Il s’agit d’un programme assez novateur de conseil, d’activités proposées, d’information sur les questions de santé. Les résultats de l’étude montrent que les salariés ayant bénéficié du programme consomment au final non seulement moins de soins mais, qu’en plus, ils sont en moyenne en meilleure santé.

L’autre expérience concerne la mise en oeuvre de coordination des soins pour certaines catégories de patients. En effet, il existe en gros deux manières de rémunérer les professionnels de santé, soit via le paiement à l’acte, soit sous forme de forfaits, dans le cadre d’un parcours coordonné de soins. Sans qu’il soit permis d’être tout à fait certain de son impact sur les coûts et sur la qualité des soins, on présume que dans le cas de pathologies chroniques ou un peu compliquées, une plus forte coordination a toutes les chances d’améliorer la prise en charge du patient. La contrepartie, comme le montre l’analyse de l’expérience suisse, est que les professionnels de premier rang, les généralistes, veulent être davantage payés, de 40% dans le cas suisse.

Je ne sais pas quel parti politique aura les cojones de mettre sur la table la question des modes de paiement des professionnels de santé mais il est urgent que le monde de santé français retire la merde qu’il a dans les yeux pour envisager, discuter, négocier les termes de sa propre réforme.

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