Remarques sur ce que l’on dit de l’extrême droite

Je ne vais certainement pas commencer à péter plus haut que mes fesses même si je m’y exerce intensément. Je ne peux quand même pas retenir un certain agacement devant la nullité des commentaires politiques auxquelles les performances électorales du FN donnent lieu.

Soit un parti, le FN, représentant un courant non négligeable de l’opinion publique française et prenant des voix par le seul fait d’exister. Les médias, les chroniqueurs, même les plus malins (T. Legrand ou N. Demorand) s’empressent de mettre en cause la stratégie de Nicolas Sarkozy qui, pour gagner des voix, est allé sur le terrain, du moins thématiquement, de l’extrême droite. Soit une opposition, exemplaire, qui se précipite pour dénoncer la dérive droitière du gouvernement et qui sous-entend que l’essor du FN est à mettre au crédit du parti majoritaire.

Le résultat c’est une nation (ou du moins ses médias) qui se passionne pour des élections sans intérêt, un pays qui se préoccupe plus de son identité passée que de ce qu’il va devenir, qui se déchire sur les questions d’immigration quand les vraies questions concernent l’évolution de la dépense publique, la place de l’Etat dans l’organisation sociale, la réforme du système de santé et pourquoi pas (on peut réver), la place de la France dans l’Europe.

Que peut-on dire de plus que ce qu’on nous bassine à longueur de médias (dans un consensus assez troublant d’ailleurs).

Ailleurs en Europe, l’inscription durable d’un parti d’extrême droite dans le paysage politique est désormais acquise. Il n’y a donc pas d’exception française.

– contrairement à ce que dit Thomas Legrand (c’est très embêtant quand un bon journaliste sort des contre-vérités), les thématiques de sécurité et d’immigration sont parmi les premières préoccupations des français (en tout cas selon l’Eurobarometer). La surreprésentation de ces thèmes dans l’espace public français n’y ait sans doute étrangère, il n’en demeure pas moins que ces sujets ne sont pas de faux débats, du moins pour les vrais gens.

– Il existe, évidemment, une corrélation fine entre la crise économique et le raidissement politique des classes sociales les moins privilégiés.

– Nicolas Sarkozy a sans doute joué un jeu dangereux en portant des thématiques réactionnaires sans vouloir y toucher. C’est néanmoins une stratégie plus honnête que celle de l’opposition consistant à ne pas vouloir toucher à ces sujets sous prétexte qu’ils n’existent pas.

– Des commentateurs se gargarisent de l’inconfort dans lequel se trouve la majorité vis à vis des thèmes frontistes. Non seulement il s’agirait enfin d’admettre que le thème de la sécurité est un des repères de la droite française  et que la droite musclée est une des composante du parti majoritaire. Mais, qu’on se rassure, attendons que se posent les questions relatives à la réforme des systèmes de protection sociale, à la réforme de l’Etat, au principe de cohésion sociale, voilà qui risque de mettre le nez dans le caca une opposition qui se montre depuis 15 ans incapable d’avancer la moindre proposition de réforme, de peur d’effrayer son électorat.

– A la différence du dicton, en France, quand on se compare, on se désole. Si la solution n’est sans doute pas d’alimenter les craintes extrémistes, comme l’a fait à tort Nicolas Sarkozy, il est encore pire de ne pas traiter sur le fond les questions posées par les performances FN. Il faut donc admettre l’échec d’une bonne partie de la politique d’intégration, débattre des autres sujets qui font le lit de la pensée d’extrême droite, mais surtout, sortir du simple calcul politique pour commencer à parler des vrais questions, sur lesquelles le FN n’a de toute façon rien à dire et qui permettront aux citoyens de se prononcer positivement et non de se replier sur un non préoccupant.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s