General electric : capitalisme éclairé?

General Ecletric (GE) a beau être la plus grande entreprise américaine, elle reste assez peu connue en France, encore moins des consommateurs. Ses clients sont à dire vrai plutôt d’autres entreprises. C’est pourtant une des entreprises les plus intéressantes qui soit car, à l’instar de Danone en France par exemple, elle est souvent en avance par rapport à ses concurrents. Trois exemples et les limites que cela pose.

Depuis quelques années déjà, GE a lancé une initiative appelée « Ecomagination » dont l’objectif est de développer les technologies et leurs applications d’une économie verte. L’entreprise vient d’annoncer son intention d’investir cette année 200 millions de dollars dans l’incubation de ces nouvelles idées. Mélange à la fois de crowdsourcing et de développement en interne, le programme ecomagination permet à GE d’avoir une longueur d’avance considérable et donc d’identifier avant les autres les innovations qui forgeront les profits de demain.

Il y a quelques jours, la même GE vient de lancer une campagne « virale » consacrée au phénomène de la perte de chaussette dans les machines à laver. Là encore, il faut admettre que le dispositif est tout à fait impressionnant. Site dédié, vidéos en ligne sur internet, création d’une communauté. GE soigne son image, décalée et décontractée et, tout en oeuvrant vigoureusement en faveur des chaussettes orphelines, elle conforte son capital auprès des consommateurs américains, ce qui est toujours bon à prendre en situation de crise.

Sociale et innovante, GE est-elle l’entreprise modèle? Pas sûr, GE demeure principalement centrée sur la maximisation de ses profits. En tant que tel, rien à dire et on devrait même se féliciter qu’une entreprise ait continué de verser des dividendes à ses actionnaires pendant la récente récession. En revanche, GE, pour dégager un maximum de profits n’hésite pas à recourir à tous les dispositifs possibles de maximisation fiscale. Le New York Times vient ainsi de révéler que GE a non seulement dégagé des profits à hauteur de 14 millards de dollars en 2010 mais qu’elle réclame en outre 3,4 milliards au trésor public américain. Comment cela est-il possible? L’entreprise applique pleinement son slogan « l’imagination à l’oeuvre » à son département fiscal. Ge dépense plusieurs dizaines de millions de dollars en conseil, lobying afin de réduire au maximum les taxes qui doivent être versées, dégager du profit là où les impôts sur les sociétés est faible, concentrer d’autres activités là où elles sont susceptibles d’être subventionnées.

Problématique? Pas vraiment si l’Etat, américain en l’espèce, l’accepte. Sur le fond, il est cependant pernicieux d’observer une entreprise adopter tous les signes extérieurs de civilité (le patron vient d’annoncer son intention de verser 40 millions de dollars aux écoles défavorisées), prendre au sérieux les médias sociaux, l’innovation verte et poursuivre une gestion exclusivement centrée sur le profit, coute que coute. Combien de temps cela pourra-t-il tenir? Longtemps sans doute même si cela devrait nous rendre plus vigilant vis à vis d’entreprises dites « citoyennes ».

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2 réponses à “General electric : capitalisme éclairé?

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