Il faut parler de que ce que je cause : faillite démocratique

Le deuxième tour des élections cantonales s’est achevé dans un jus encore plus amer que le premier. Impossible à boire encore moins à avaler.

Pour être sûr de vraiment se mettre dedans, le secrétaire général du parti majoritaire en remet une couche, à côté, histoire de pas se râter et tient à son débat sur la laïcité.

Le directeur du Monde signe aujourd’hui un papier dans lequel il écrit

Lors de la campagne de 2007, le candidat Nicolas Sarkozy avait diagnostiqué avec pertinence le danger pour la démocratie de ce divorce entre les citoyens et leurs élus. Il avait compris que, pour rétablir le lien, il fallait que les politiques parlent un langage de vérité, qu’ils s’attaquent aux vrais problèmes, qu’ils cessent de provoquer des débats inutiles ou d’exacerber de grandes peurs. Pour ne s’être pas tenu à cette feuille de route, pour avoir fait, en de nombreux domaines, l’exact contraire, le chef de l’Etat a en réalité contribué, au cours de ces dernières années, à aggraver cette crise de la démocratie.

On souscrit, néanmoins n’est-il pas aussi du rôle de la presse écrite et parlée de ne pas se laisser piéger par la classe politique, n’y a-t-il pas aussi une responsabilité, même implicite, des médias dans la déconfiture démocratique dont la France souffre, n’est-il pas par moment du ressort des journaux de fixer un peu l’agenda politique plutôt que de suivre, toujours et encore, les prescriptions gouvernementales.

Fatalité? Le journal anglais The Guardian a lancé depuis quelques semaines, une longue série sur l’Europe contemporaine. Un regard, critique bien sûr, en profondeur sur les débats sociaux, l’état de l’économie, des modes de vie des européens. La semaine dernière était consacrée à la France et je dois admettre y avoir davantage appris sur mon propre pays que dans les colonnes de la presse nationale.

Est-il possible, partant de là, que la nature des débats politiques français évoluent pour le mieux? Peut-être. Qu’on y cause d’autre chose que des débats archaïques, moins par leur nature que par la manière dont ils sont posées? Sûrement.

En Angleterre on se frite sur l’avenir des services publics, en Allemagne sur l’indépendance énergétique du pays, en Italie sur les moeurs affreuses de Silvio et en Espagne sur l’indépendance de la Catalogne. Entrer le bloc méditerranéen et le bloc européen, il y a la France où les personnalités de la semaine sont toujours et encore Johnny et une femme portant le voile. Quel ennui !

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