Pouvoir d’achat : la course à l’échalotte

Comme annoncé, ce week-end, je l’ai passé déconnecté, dans un cadre merveilleux mais ça on s’en moque. Vendredi, Nicolas Sarkozy annonçait son intention de lier le versement des dividendes à l’augmentation des salaires et, ça devient une habitude comique, la chose est dite avant que les services de Bercy sachent encore comment faire.

J’avais déjà pointé le risque d’un ralentissement de la hausse du pouvoir d’achat, sensible en moyenne, dur pour les plus fragiles. Je vois pour ma part quatre raisons de considérer la dernière proposition en date comme inefficace et même dangereuse.

– Sa faisabilité: là sans être un expert de la question, le truc me semble bien mal emmanché, tant la diversité des modes d’intéressement, des usages de versement des dividendes et des raisons qui le permettent me semblent nombreuses;

– son inégalité: le risque évident dans ce genre de système est de favoriser les salariés d’entreprises pouvant verser de larges dividendes vis à vis de petites PME industrielles. Est-ce une mesure d’égalité d’améliorer le salaire de cadres bancaires quand des ouvriers s’échinent à garder leur usine ouverte? L’autre inégalité, constante, est de favoriser les salariés à durée indéterminée vis à vis des salariés précaires, interim et sous traitance inclus.

son biais fondamental: je trouve plus légitime et plus efficace socialement d’offrir aux salariés les conditions de revendiquer une amélioration de leurs salaires, comme le permet aujourd’hui la loi, que de surajouter une règle dont on sait d’avance que les plus malins sauront trouver les astuces pour la contourner. Pire encore, le président alimente par là, avec un brin de démagogie, la méfiance des Français vis à vis du capitalisme. Les dividendes ne sont après tout que la rémunération normale du capital, ils peuvent être disproportionnés (pas facile de s’accorder sur ce qu’on entend par là), ils ne sont en tout cas pas illégitimes par essence. C’est tout de même curieux qu’on ne soit plus capable d’imaginer les relations économiques et sociales que sous le mode de  la méfiance et du soupçon réciproque.

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