L’économie du bonheur – suite

Cela faisait bien trois jours que je n’avais pas parlé de mon sujet préféré, le bonheur.

Vox clamans in deserto? Nul doute que celui qui fera du bonheur un des axes de son programme, mesures fiscales incluses, recueillera certains des suffrages qui restent aujourd’hui à la maison le dimanche des jours de vote. Signe des temps, il n’est plus guère de réunions « haut niveau » qui n’abordent la question du bonheur ou, pour parler pompeusement, le « paradoxe d’Easterlin ».

Le paradoxe d’Easterlin, du nom de l’économiste, désigne le fait que la hausse des revenus, passée un certain seuil, n’apporte plus de supplément de bonheur, bien au contraire. L’argent donc, passé une somme, ne fait plus le bonheur.

Nous sommes évidemment loin, moi en particulier, de ne pas considérer que quelques sous supplémentaires n’apporterait pas joie et bonheur, au niveau des nations, la donnée est différente.

Dernier épisode en date, la réunion économique INET (rien à voir avec l’école des cadres de la fonction publique territoriale), organisée chaque année par G. Soros, a consacré une séance plénière au joli sujet du bonheur économique. J. Cassidy, la plume économique du New Yorker rapporte d’ailleurs qu’un consensus se dégage progressivement pour considérer que le bonheur doit être pris au sérieux, tandis que Crooked Timber souligne qu’on devrait réfléchir à une économie du non-bonheur.

Nous savions déjà que le capitalisme outrancier comportait le risque de laisser pour compte une partie importante de la population (la majorité à vrai dire), on commence à comprendre que les programmes alarmistes sur le danger climatique, migratoire ou que sais-je produisent des effets inattendus en terme de vote (la poussée des extrêmes).

On pourrait croire qu’un programme centré sur le bonheur n’a de sens que pour des fumeurs impénitents de moquette. Pas sûr qu’on ne puisse cependant construire une politique générale centrée sur ce qui rend les individus heureux. Quoi donc? L’atténuation relative des inégalités sociales, l’accent mis sur les opportunités économiques et sociales, l’amélioration des conditions de vie (écologie comprise), le soin apporté à nos proches (enfants, grands parents, et pourquoi pas mon chien), rien de forcément très nouveau en somme mais avec le sourire.

Passé donc la rigolade, il est parfaitement plausible de décliner un très riche programme sérieux, cohérent en faveur du développement du bien être. Et ça, ça nous changerait vraiment.

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