Forbes et les problèmes sociaux où quand l’entrepreneuriat social s’y croit

Il est toujours intéressant de lire une certaine presse économique, américaine, lorsqu’il est question de problèmes sociaux. Forbes est souvent cité pour son classement des fortunes, il s’intéresse désormais aux problèmes sociaux, et pas que ceux des riches.

Dans un article, un journaliste défend la thèse selon laquelle les problèmes sociaux sont d’une manière générale des problèmes entrepreneuriaux. Typique d’une lecture simpliste des BOP, elle fait encourir un risque imminent à l’entrepreneuriat social: celui de s’y croire.

L’exemple, à l’appui de la thèse, concerne le risque de mortalité périnatale dans les pays en voie de développement, il est, certes, considérable. Dans les pays développés, les processus et les technologies permettant de diminuer le risque de mortalité précoce est d’ailleurs l’un des principaux facteurs qui ont permis à la mortalité, dans son ensemble, d’adopter une autre courbe.

Ce que nous dit le garçon, c’est que le problème des pays émergents tient à ce qu’ils ne peuvent acheter des couveuses. C’est vrai. La solution, miraculeuse, est qu’une entreprise a inventé un mini couveuse (photo) pour le prix de 25 dollars et ainsi a résolu le problème visé. Bien vu.

Il ne faudrait cependant pas confondre le principe d’innovation technique et technologique avec l’esprit du capitalisme. Quelques inventions et non des moindres sont apparues mues par le souci de l’intérêt général et non celui de l’entreprise (à commencer par internet par exemple).

Par suite, le fait de mettre sur le marché un produit adapté à un contexte ne signifie pas que les gens sauront s’en servir, qu’ils le voudront et, même s’ils le souhaitent, auront les moyens de se le payer.

Enfin, notre impétrant a beau jeu d’isoler un problème social en particulier, saura-t-il résoudre la prochaine énigme, disons, comment réduire la prévalence du sida dans les bidons villes de Mumbai. Pas sûr que le seul esprit d’entreprise suffise.

Bref, le meilleur moyen de faire de l’entreprise sociale un outil important, décisif dans la résolution des problèmes sociaux est de ne pas vouloir en faire la solution miracle.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s