Ce que nous apprend la lutte contre le paludisme

Il est des sujets dont on sait vraisemblablement qu’ils feront autant de vagues qu’une annonce de mariage lambda la semaine de noces royales. Qu’importe après tout.

Les organes des nations unies ont décrété une semaine de la vaccination. Bonne occasion pour parler d’une cause mondiale, la lutte contre le paludisme (ou malaria pour les anglophones). Le paludisme est une maladie qui frappe principalement les pays d’Afrique sub-sahariens. Elle est causée par la piqure d’un moustique et touche en majorité les enfants de moins de 5 ans (à 85% en fait). Très vite, la maladie développe des parasites qui viennent empêcher le bon fonctionnement des organes en limitant notamment l’apport en sang. S’en suit une mort certaine, rapide et désagréable.

La malaria tue environ 3000 personnes….par jour. Pourtant, si ces parasites  ont développé des formes de résistances aux vaccins, il est pourtant possible de prévenir la maladie en limitant le risque de piqures (par des moustiquaires au dessus des lits, imprégnés de produits insecticides) et par des traitements rapides qui privent l’avancée de la maladie.

Du fait de sa morbidité, la malaria est un objectif du millénaire des nations unies, et, si des progrès ont été accomplis depuis vingt ans, elle reste un fléau sans nom.

Pour réduire l’ampleur de la maladie, il importe à la fois de développer les outils de préventions, notablement les moustiquaires, accroître les instruments de diagnostics précoces et les mettre en oeuvre, et chercher ultimement un vaccin.

De fait, la lutte contre le paludisme témoigne d’un dynamisme sans précédent, sur des sujets tout à fait divers. S’agissant des moustiquaires, non seulement des innovations ont permis d’en réduire le coût mais les travaux de chercheurs telles que Esther Duflo et le JPAL ont permis de mieux comprendre les motifs de non-recours à ces outils et de déterminer plus précisément le prix auquel les personnes seraient susceptibles de les utiliser de manière optimale  En effet, une première série d’études ont montré que la gratuité des moustiquaires « dévaluait » l’utilité de ces biens et risquaient de les détourner de leur usage premier. Ces travaux, basés sur une méthode d’expérimentation sociale spécifique (dite RCT ou randomised controled trials) sont présentés dans un support en ligne accompagnant la parution du livre Poor economics pdf

S’agissant de la recherche du vaccin, le paludisme est rapidement devenu une cause prioritaire de la fondations Bill Gates qui a investi de manière considérable, en lien avec les organisations internationales pour trouver le remède à cette maladie.

Le paludisme redessine, en partie, la manière de comprendre et de lutter contre la pauvreté dans le monde. Elle s’appuie sur des travaux scientifiques attachés à expliquer les usages des dispositifs plutôt qu’à les présupposer; elle s’adosse à des objectifs chiffrés (à défaut d’être forcément tenus) qui rappellent à chacun la cible à atteindre; elle se concrétise par des coopérations renforcées entre les pouvoirs publics, le secteur privé et le secteur caritatif (la fondation gates étant en l’espèce un cas à part).

On retiendra qu’en 2011, une bonne partie de l’humanité possédante s’est empressée de faire des millions de dons pour le Japon, que Gucci a « enfin » sorti son bracelet « Japan Relief » d’une valeur de 100 dollars, bref que l’on compatit, c’est bien, c’est vraiment très bien.

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