Pas mal l’entrepreneur social

Signe que tout cela prend forme, l’entrepreneuriat social s’est offert un cahier éco du Monde, le risque de ce type de partenariat est que chaque article ressemble plus à une tribune qu’à un article, ça n’en constitue pas moins une photographie fidèle des forces en présence.

Si le « champ » a encore du mal à se départir d’un lyrisme fondateur, il faut reconnaître aux quelques auteurs croisés dans le cahier un peu plus de subtilité que leurs prédécesseurs. Va pour rendre gloire à l’esprit d’entreprise, va aussi pour louer la poursuite d’objectifs sociaux.

Ce qui m’a semblé plus original et à dire vrai franchement intéressant, c’est que les représentants de l’entrepreneuriat social semblent se convertir progressivement au doute et à  l’incertitude. Déniaisés des échecs retentissants de quelques initiatives trompeuses, trop malins pour ne pas admettre que dans une structure d’insertion, le business model est financé par l’Etat, ce nouveau secteur reconnaît :

– que la détermination du besoin social nécessite plus d’attention que d’émotion, plus de mesure que de sensations ;

– que les pouvoirs publics, loin d’être ce secteur contre lequel le « tiers secteur » résiste, est en fait un partenaire utile et même nécessaire pour mettre en oeuvre la plupart des projets sociaux

– que l’échec (j’adore l’échec!) est souvent plus proche que la réussite

Bref tout semble comme si le secteur commençait progressivement à réfléchir et plus seulement à plaider, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’on ne trouve pas dans les entreprises citées quelques guignols qu’il s’agirait utilement de démasquer (je les cite pas, plus par lâcheté que par respect).

Comme toujours (ou presque), The economist fait en même temps et en mieux. Pas tout à fait mais tout de même, cette semaine, la rubrique Schumpeter s’intéresse à la maison à 300 dollars, une initiative lancée initialement par V. Govindarajan dans un article de la harvard business review. L’idée, ou plutôt le défi était d’imaginer une maison à moins de 300 dollars pour les quelques 827 millions de personnes qui vivent en logement indigne à travers le monde. Très vite, ce défi a suscité un intérêt tout à fait inattendu de la part d’experts qui ont progressivement contribué à l’élaboration de ce projet. Il existe ainsi un site 300house.com qui présente les différentes contributions et l’avancement du projet. Je crois qu’un prototype devrait bientôt être construit.

Tout ça pour dire quoi au juste. Que s’il existe de multiples façons de combattre la pauvreté, elles peuvent reposer tout autant et cumulativement sur:

– des individus résolus à porter ces projets ;

– des partenariats ad hoc entre opérateurs publics et privés ;

– une capacité d’innovation technique et organisationnelle maximum;

– un peu de pognon pour lancer le pilote…..

Une réponse à “Pas mal l’entrepreneur social

  1. Pingback: Composantes de l’innovation sociale « Morgan Poulizac·

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