Quoi de neuf sur le front du social business

Installation de Mark Nelson pour la Biennale de Venise

La presse et les médias semblent en attente d’une nouvelle affaire croustillante. On ne cesse plus de commenter l’affaire mais cela prend désormais un tour quasi métaphysique, la dernière tribune de Paul Thibaud dans le Monde daté de demain. Dieu me tripote, Thibaud n’est pas le dernier des cons mais pourquoi donc rajouter un papier à une corbeille qui en déborde déjà? Curieux comme certains évènements peuvent d’un coup révéler de vieux débats, juste assez cependant pour constituer un arrière plan polémique à l’affaire, rien de plus. Il en a été ainsi du féminisme, redevenue le temps d’une semaine le pivot de la guerre des sexes. Idem avec la fameuse présomption d’innocence, dont on aura c’est sûr compris le sens.

On peut  par ailleurs sans doute être stupéfait du jeu de cache cache entre des journalistes, sérieux ou pas mais qui se sont vautrés tous ensemble sur l’affaire avec un entrain peu commun (cela signifierait-il grand que les usages politiques ne sont pas si éloignés de ceux du monde journalistique) et les personnalités politiques, qui, à juste titre, pouvaient ne rien à avoir à en dire. Entre l’affaire donc et la grossesse de l’épouse du président, le sommet de Deauville sera donc passé complètement inaperçu. Il faut dire que les médias étaient plus préoccupés par l’érection de certains plutôt que par la direction du reste du monde….

Histoire donc de pas se gaver de bêtises, ces derniers jours, on a fait quelques lectures utiles et diverses, certaines pourront sans doute faire éventuellement l’objet de petites notes. Dans le désordre, on a donc lu le dernier Erri de Luca, et l’avant dernier à dire vrai (le fait de disposer de son temps permet de se faire des auteurs « en vertical », ce qui n’est jamais désagréable). On s’est plongé avec le crayon et les post-it dans le livre de Banerjee et Duflo, Poor Economics, dont la lecture va devenir classique pour ceux qui s’intéressent à la lutte contre la pauvreté, même si on peut un peu trouver à y redire par endroit. Un livre, ben dis donc, sur le capitalisme chinois, c’est pour une commande mais c’est tout à fait passionnant, signalons par ailleurs qu’une biographie de Deng Xiaoping doit paraître à la rentrée prochaine, écrit par un autre grand spécialiste de la Chine, Ezra Vogel et que, pour être parfaitement exhaustif sur la question (que je suis bien obligé de suivre ces jours-ci), The Economist consacre à la fin du mois un supplément sur ce même pays…..

Pour parachever le tout, voici quelques lectures intéressantes sur le sujet qui me donne le plus de travail ces dernières semaines, celle du rapport du capitalisme à la pauvreté. Je tartine par ailleurs de feuillets sur le sujet, je me contenterai donc de quelques liens valables.

– Un premier est une tribune de la fondatrice d’un important fonds d’investissement pour des entreprises sociales. Le fonctionnement du fonds Acumen soulève de nombreuses questions à vrai dire et je ne suis pas certain d’être parfaitement d’accord avec son positionnement. Il a néanmoins la vertu d’être sérieux et cohérent. Je suis certain d’y revenir alors j’arrête ici.

– Une vidéo d’un professeur de la London business school présente l’apport de l’innovation sociale dans le champ de l’économie. L’intérêt est qu’elle ne s’embête pas de savoir si de telles innovations accroissent ou non le bien être des usagers, elle ramène plutôt la question autour du niveau d’accès des services à la personne et au caractère soutenable, c’est à dire profitable, du projet. Ce n’est donc pas à proprement parler un social business. C’est un point de vue intéressant et ça nous change de ceux « qui veulent changer le monde ».

– Enfin, deux auteurs signent aujourd’hui une tribune sur mes fameuses maisons à 300 dollars pour en dire tout le mal qu’ils en pensent. Je pense qu’autant les promoteurs se le mettent profondément en pensant que leur projet va résoudre la question du logement insalubre, autant je ne suis pas certain que ce type de projet ne puisse diffuser par la suite et s’adapter aux contextes qui s’offrent à eux et donc je ne serais pas aussi sévère. bref.

ce soir, c’est concert mais je sais pas de quoi, c’est pas moi qui choisit.

 

 

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