Liens pour les lire : dépression (encore?), consommation des pauvres et éthique

Quelques liens sans lien.

– Marcia Angell, l’ancienne rédactrice en chef du New England Journal of medecine et l’auteur du passionnant bouquin The truth about drug companies, signe un épais papier dans la New York Review of books consacré à l’inflation des pathologies mentales aux Etats-Unis et à ses explications. C’est un thème relativement bien connu mais toujours polémique : tandis que le traitement par voie chimique de la dépression ne parvient pas à faire la démonstration de son efficacité, le nombre de ses prescriptions ne cesse de croître. Comme d’autres l’ont écrit, l’invention du prozac aurait précédé celle de sa pathologie associée. Je suis toujours un peu mal à l’aise avec ce genre de thèse, ne serait-ce qu’en raison de l’amélioration vraisemblable de la qualité de vie des personnes bénéficiant de ce genre de traitement. Peut-être nagent-t-il en plein effet placebo, c’est toujours mieux que de couler.

– Les auteurs du livre Nudges, dont j’ai déjà parlé, écrivent sur leur blog au sujet d’un phénomène bien connu en France aussi. La ruée au supermarché le jour du paiement des allocations. Il s’agit en l’espèce des Food stamps, l’équivalent en moins sophistiqué de notre rSa. Par un judicieux raisonnement, ils montrent le lien nécessaire entre des comportements individuels faiblement rationnels et marqués par une préférence pour le présent, des mécanismes publics qui les encouragent plutôt que de les modifier et de ce qu’on peut en déduire en termes de politique publique.

– Enfin, Peter Singer commente la somme du philosophe anglais Parfit « What really matters ». Il s’agit ni plus ni moins que d’une tentative d’élaborer une nouvelle forme d’éthique objective. C’est un sujet tout à fait passionnant. Comment fonder rationnellement le fait que je décide de donner de mon temps, de l’argent, de respecter l’environnement si la religion a perdu son influence, le collectif n’est plus une valeur et que l’on me demande de me comporter en individu rationnel. Comment trouver donc un sens objectif là où l’alternative se situe souvent entre un subjectivisme terrifiant (Je moi je) et un nihilisme (qui prend parfois la forme d’un utilitarisme moribond). Bref à lire pour réfléchir.

En complément, je mets ici un extrait vidéo où Peter Singer présente quelques uns des aspects de sa théorie morale. C’est parfois un peu simpliste, mais quelle morale ne l’est pas.

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2 réponses à “Liens pour les lire : dépression (encore?), consommation des pauvres et éthique

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