Internet toi moi le parbrise

La préparation des primaires socialistes rend évidemment l’actualité politique non dénuée d’intérêt, et c’est plutôt réjouissant après une année particulièrement pathétique pour la gauche française. L’exercice n’est pas aisé puisqu’il s’agit de se distinguer sans flinguer la possibilité d’un projet commun derrière. C’est donc le temps de la posture, chacun cherchant à marquer sa différence, à « imposer ton style ».

L’exercice est accompli avec un certain talent par les quatre sérieux protagonistes, chacun squattant littéralement les médias depuis quelques jours. Les agences de com’ qui sont très certainement mises à contribution largement ces derniers temps ne s’y trompent d’ailleurs pas puisque le mot d’ordre semble être d’incarner l’apaisement et le sérieux, bref l’inverse de qui vous savez.

A chacun de corriger sa nature. François, « arrête donc de faire des blagues », Arnaud, « c’est pas le procès barbie, c’est juste JC Bourdin », Ségolène, « non, non n’en rajoute pas, on t’aime quand même », Martine « sois moins vacharde la prochaine fois svp ».

L’autre aspect réjouissant est le recours obligatoire du social média, mais là le résultat est moins probant. François Hollande la joue proximité, genre « je te cause de toi à moi », dommage que la photo du bandeau laisse à penser qu’il dissimule une vilaine gastro qui n’attend qu’un bref instant de solitude pour laisser libre cours à sa déraison, ou alternativement qu’on lui a dit de penser très fort « I want you ».

Arnaud Montebourg a lui aussi du mal et, mal conseillé, il le fait « média interactif » avec commentaires et débats. Le souci, c’est que quand y a personne, cela se voit et c’est bien le cas. Si on prend la peine de faire apparaître le nombre de commentaires, il vaut mieux qu’il y en ait quelques uns, quitte à les faire rédiger par un stagiaire chez publicis. Autre souci, accessoire, c’est le logo du député de Saône et Loire, dont on se demande s’il ne l’a pas emprunté à une station de ski de fond du jura.

Il y a le cas Ségolène Royal, experte en réseaux sociaux, dont le site de désir d’avenir ressemble de plus en plus au musée vivant de sa personne. Sur certaines photos, sans vouloir faire de coup bas, on pourrait même dire au musée Grévin de sa personne. A vouloir trop en faire cependant, il devient parfois difficile de voir où se trouve le programme et même de savoir à quoi sert le site au final. Palme du ridicule avec la boutique en ligne qui permet d’acheter des peluches « désir d’avenir », là on touche le fond.

Martine Aubry, qui sort d’une séquence média particulièrement bien menée, fait dans la sobriété et c’est pas mal à dire vrai. Belles typos, logo ridicule mais je suis sûr que l’agence qui a bossé dessus en est très fière. Discours un peu vague politiquement quant à son positionnement pas vraiment marqué à gauche, mais intéressant sur le fond. Sans souffle mais avec tous les éléments d’un programme, sans ligne directrice mais avec une cohérence certaine. Bon, on accordera que Martine Aubry ne fait rêver personne mais qui sait si les Français n’aspirent pas à se reposer sur une figure pas franchement sympathique ni même vraiment charismatique, mais sérieuse, un peu comme ces dames qui étaient responsables de filer les punitions au collège.

Pour finir, le twett a son nouveau roi, que dis je, son nouveau pape, en la personne de Benoît 16. Le site du Vatican est dément et ses tweets sont à consommer sans modération, sous ecsta ou ce que vous voulez.

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