Innovation sociale – comment réformer les services publics

Un philosophe français a beau en avoir fait le « discours », les gaulois sont plutôt mauvais en méthode.

C’est simple, en France, on annonce, ensuite on pond la note qui va bien, puis on vote, puis on « essaie » de mettre en oeuvre et, trois ans après, on attend le rapport de la cour des comptes qui dit que c’est pas bon du tout.

On peut faire l’exercice avec à peu près toutes les récentes lois, l’archétype étant la récente annonce sur la prime versée aux salariés.

Il y a pourtant beaucoup à retirer d’une réflexion sur l’élaboration des politiques publiques et l’innovation sociale, comme je l’entends, relève beaucoup de cela. Quelques exemples pour s’en convaincre.

– Le gouvernement de David Cameron vient de rendre public un « livre blanc » sur la réforme des services publics (pdf). Le Livre blanc, exercice administratif très anglo-saxon, consiste à faire un ensemble de propositions de réformes, à en indiquer l’orientation générale et à ouvrir un débat public sur les options présentées. La plupart des grandes politiques anglaises sont ainsi conçues.

Le livre blanc sur la réforme des services publics est une lecture absolument passionnante pour qui s’intéresse à cette question (nous ne sommes pas très nombreux, c’est vrai). On y trouve cependant a peu près tout ce qui s’imagine en termes d’innovation sociale sur le financement, la gouvernance, et l’organisation des services publics.

– Autre exemple, la fondation Bloomberg vient d’annoncer son intention de financer dans 5 grandes villes américaines la création de petites équipes de fonctionnaires chargés de trouver une solution innovation à une politique locale. Constituées de profils pluridisciplinaires (économistes, sociologues, fonctionnaires….), elles recevront un mandat de leur collectivité pour élaborer des innovations sociales adaptées à un problème local. L’idée est séduisante.

– Une troisième manière, pour se détendre, est de renommer l’existant. En Russie, la bière n’est plus considérée comme de la nourriture et peut donc faire l’objet d’une réglementation plus stricte sur les conditions de ventes.

Voici trois façons d’apporter de l’innovation au sein de la sphère publique. Vu la mainmise des hauts fonctionnaires dès qu’il s’agit d’être créatif au niveau décisionnel (voir l’édifiante réforme de l’apprentissage qui vient d’être pondue) et le caractère non collaboratif des parties prenantes à la chose publique quand il s’agit de réforme (voir la récente polémique sur la réforme de la politique du sans abrisme), on sent que la France est très mal barrée.

C’est pas grave, on a Thomas Voekler et lui c’est un bon gars.

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