Jeunesse et diplôme

S’il est un point commun entre les jeunes indignés de Madrid et ceux de New York, outre une formidable capacité à ne pas prendre de douches, c’est qu’il est parmi eux de jeunes diplômés ou en passent de le devenir, qui n’accèdent pas aux carrières promises.

Les Etats-Unis sont en particulier traversé d’un intéressant débat relatif aux tensions existant entre un marché du travail déprimé et l’éducation supérieur. La crise économique, en limitant l’accès au marché du travail des jeunes diplômés, a conduit à une véritablement crise d’endettement des jeunes américains, doublée d’une hausse continue des droits de scolarité dans le système éducatif supérieur. Comme le rappelle le chroniqueur économique du New Yorker, les droits de scolarité des universités américaines ont connu une hausse trois fois supérieure à l’inflation et la plupart des étudiants doivent désormais s’endetter considérablement pour y faire face.

Hors, l’éducation semblerait souffrir, comme le secteur de la santé, de la loi dite de Baumol (qui s’applique aussi très bien au spectacle vivant). En effet, dans ces secteurs d’activités, à la différence d’autres, la hausse de la productivité est inférieure à la hausse des salaires et il faut donc toujours leur apporter de nouveaux financements. Il est vrai qu’éduquer de jeunes étudiants coûtent grosso modulo la même chose aujourd’hui qu’il y a 30 ans, plus cher même sans doute.

Tant que le marché du travail est accueillant et que la compétition pour les talents s’exercent, il y aura toujours des individus pour investir dans leur éducation et des gouvernements prêts à contribuer à son financement. Mais, dans une situation où les perspectives d’emplois s’étiolent et où les finances publiques n’ont plus les marges qui étaient les siennes, la situation devient vite préoccupante.

Les jeunes étudiants américaines semblent justement découvrir ceci et ne semblent pas reconnaître, comme le souligne P. Orszag dans une récente chronique, que le marché du travail ne se distingue plus entre les très qualifiés et ceux qui n’ont pas de qualification mais entre ceux dont le savoir faire est délocalisable et ceux où cela n’est pas possible, d’où un certain nombre d’arbitrages ratés.

Cela implique donc pour nos auteurs deux corrections au moins. Un réajustement de l’enseignement supérieur sur les formations les plus adaptés au marché du travail et, accessoirement la recherche d’une meilleure productivité de ce même enseignement supérieur.

Pour compléter, deux initiatives qui vont dans le sens justement d’un accroissement de la productivité de l’enseignement, autrement dit en la dématérialisant:

– la kahn academy, une institution d’enseignement principalement basée sur le e-learning, envisage sous peu d’ouvrir une université « physique »;

– l’université de Stanford, non contente de mettre à disposition un certain nombre d’enseignements en ligne, réinvente maintenant la manière d’enseigner afin de la rendre « virtuellement » compatible.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s