Comment nourrir la planète ?

Liens gastro donc. On lit beaucoup de bêtises sur le devenir de la nourriture et, par conviction certainement et par mode certainement, on voit fleurir des initiatives qui n’ont de logique que celle de l’intention (bonne). Il en va ainsi du mouvement du local food qui, s’il promeut le maintien de l’agriculture locale, l’abolition de certains intermédiaires, un certain rapport de la ville à la nature, n’en reste pas moins une absurdité au plan économique et écologique. Le problème vient donc qu’on oppose trop souvent un système insoutenable (l’agriculture industrielle) à des comportements individuels certes vertueux mais tout aussi insoutenables.

Nous sommes confrontés d’une part, j’en ai déjà fait état, à la nécessité de lutter contre la faim dans une large partie de la planète et contre l’obésité dans d’autres zones du globe. C’est un premier point. D’autre part, une partie croissante de l’industrie agro-alimentaire ne vient plus satisfaire nos besoins en nourriture mais sert la production d’énergie  et le développement de l’élevage de bovins. Ensuite, il advient que certaines denrées, telles le café, le mais ou la viande, sont détenues par des conglomérats (3/4 producteurs) qui concentrent respectivement 90% (café), 81% (viande), 82% (mais).

Se développe face à cela de nombreux mouvements qui plaident en faveur de nouveaux « modes d’alimentation », allant de l’organique à d’autres tendances plus ésotériques encore. Ce week-encore, dans le café où j’ai déjeuné, servi par de charmants serveurs tablier de rigueur et barbes soigneusement négligées, j’ai pu commander du fromage anglais, du radis noir vinaigré à un truc japonais et un soda bizarre anglais lui aussi. Quoique bio ou présenté comme tel, il n’en demeurait pas moins que la facture énergétique de mon déjeuner valait bien quelques pizzas.

Le point n’est pas donc d’opposer l’un à l’autre mais d’admettre qu’en matière de nourriture, il serait peut-être temps d’en causer sur le fond sans céder aux modes. Au passage, une jolie animation d’un extrait de conférence de Michael Pollan, un journaliste américain, qui pose assez bien les termes du débat dans ses travaux.

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s