Nouvelles frontières de l’éducation

Si on conçoit, en France, le monde de l’éducation comme étant particulièrement rétif à toute innovation, il fait néanmoins parti de ceux qui en connaissent le plus grand nombre d’innovations, en particulier du fait de l’arrivée à maturité des nouvelles technologies de l’information et de la communication – internet pour faire bref.

Ce n’est pas un hasard si le journal Lemonde s’y est penché ou que le très branché et néanmoins pas bête magazine Usbek et Rica y consacre un réjouissant dossier : l’éducation n’est pas seulement le futur de l’humanité (les femmes étant bien trop occupées à dévorer 50 shades of grey), c’est aussi tout bonnement l’avenir de notre économie, ce qui devrait suffire à prendre au sérieux le sujet.

Ce qui est en tout cas certain, c’est que les initiatives partent dans tous les sens, selon des modalités allant du for-profit pur et dur à des formes philanthropiques, en passant par des formes parfaitement hybrides. Idem pour les publics et les défis qu’entendent relever ces innovations. Petite revue.

Sur les modèles économiques prédominent des projets à vocation philanthropiques, le plus fameux d’entre eux est évidemment le projet de l ‘Academy Khan. Le gouvernement indien ne vient-il pas d’annoncer son intention de s’associer à la fondation pour pallier le manque de manuels scolaires et de profs et tenter d’améliorer, si cela se peut, le niveau de l’enseignement général.

Toujours sur le front de l’internet gratuit, les plus prestigieuses universités américaines se sont depuis peu coalisées pour fonder Edx afin de rendre disponible un ensemble de cours à l’ensemble du public. Les Mooc (pour massive open online course) existent depuis une bonne décennie déjà (le MIT a lancé le sien en 2001) mais ils connaissent aujourd’hui un développement sans précédent, le nerf de la guerre étant bien entendu la question de la délivrance des diplômes qui est quant à elle toujours plus chère….

Sur des modèles pour le coup payant, il existe depuis peu le projet Minerva, qui se présente comme la seule université en ligne digne de figurer dans la ivy league. Si on mesure le potentiel économique d’une boîte à sa capacité à susciter l’intérêt des investisseurs, la décision de Benchmark (un des principaux business angel de la silicon valley) de mettre 25 millions de dollars dans le lancement de la plateforme préfigure quelque chose de puissant.

D’autres schémas enfin sont pour le coup hybrides, à l’instar de Udacity qui associe un accès libre à l’ensemble des matériels d’enseignement mais qui facture la délivrance de diplômes ou de MRU, du célèbre blogueur économique Tyler Cowen qui met à disposition l’ensemble des cours mais qui rend en revanche payant l’accès à des applications d’aide.

Ces différentes expériences comme tant d’autres visent plutôt un public aisé et entendent davantage renouveler les formes d’enseignement, c’est à dire de passer d’un modèle d’amphithéâtre à un modèle de face à face. Poussé au bout, de très nombreux professeurs d’université ont du souci à se faire…..

Internet transforme cependant également les frontières de l’éducation. La Khan Academy est devenue en seulement quelques années un formidable véhicule pédagogique pour de très nombreux pays émergents mais cela vaut aussi pour les pays développés. Ainsi, le programme Allison, bien connu des directions de ressources humaines, permet non seulement de suivre un ensemble de formation sur des savoirs techniques mais également de préparer des certifications reconnues. Peu diffusée en France, en voilà une bonne idée pour enrichir l’offre de services aux demandeurs d’emploi sans enrichir les organismes de formation….ambiance.

Certes, tout ceci ne remet pas en cause les fondamentaux de l’enseignement supérieur, qui tiennent pour beaucoup au prestige du diplôme et de l’établissement où vous l’obtenez, de l’essentiel rapport enseignant-élève, de l’orientation des dits étudiants. Il existe cependant des ressources technologiques telles qu’il serait coupable de ne pas regarder comment s’en servir pour lutter contre la déqualification et la difficulté d’accès à la formation des publics adultes ou autres, ce qui est tout de même le gros problème des sociétés développés et qui promet de pas s’améliorer de sitôt.

On dit ça, on dit rien, mais il faudra bien en faire un livre un jour.

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2 réponses à “Nouvelles frontières de l’éducation

  1. Pingback: MOOC : massive open online class | Morgan Poulizac·

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