Si j’avais 50 millions

Le New York Times consacre aujourd’hui un intéressant article à un récent projet promu par la communauté d’Oakland, connu sous le nom de Tassafaronga Project, inauguré il y a deux ans. Il ne s’agit pas d’un éco-quartier mais d’un ensemble de logements à loyer modérés, dont une résidence d’appartements pour d’anciens SDF. Au total, il s’agit de 120 appartements individuels pour des SDF, 157 appartements HLM et 22 maisons individuelles. Cela signifie donc une capacité d’hébergement d’environ 800 personnes.

D’après les autorités d’Oakland, le programme permet d’économiser 29 000 dollars par SDF et par an (!) et 10 000 dollars par an pour le reste de la population ! Le coût total du programme d’investissement (hors fonctionnement mais voirie et équipements publics inclus) : 62 millions d’euros.

Pour rappel et toujours selon le projet de loi de finances 2013, la France a consacré en 2012, 1 206 253 547 euros en faveur du programme 177, qui comprend notamment la prévention de l’exclusion et l’hébergement d’urgence. On ne parle évidemment ici que des contributions du budget de l’Etat (c’est à dire hors intervention des collectivités locales). …. ambiance

Le programme d’Oakland n’est pas sans rappeler l’initiative Housing First, dont on a beaucoup parlé à la suite de l’exemple Finnois et dont on entend en fait plus du tout parler en France. Les USA ont désormais intégré cet outil parmi les instruments de lutte contre le sans abrisme et, intégré à des stratégies plus larges, il semble apporter un net avantage (voir à ce titre la présentation du projet canadien d’Edmonton, ici), autrement dit les collectivités locales dépensent moins et le nombre de SDF diminue. Il n’est pas dit que ça marche partout, pas dit que ce soit adapté à toute personne à la rue, il a à tout le moins le mérite de financer de la « sortie définitive de rue » , ce qui ne semble par délirant comme objectif pour un politique de lutte contre le sans abrisme. L’annonce du gouvernement de débloquer 50 millions supplémentaires en faveur de l’hébergement d’urgence n’est certes pas condamnable même si cela semble déclencher une auguste indignation de la part de certaines associations. Pourtant, quelle est l’efficacité d’une telle politique ? Les politiques publiques c’est comme la mayonnaise, quand ça marche pas il faut changer de technique, sinon on continue à casser des oeufs pour rien.

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