France n°1 : revenu minimum

Cette semaine et contre toute attente, le gouvernement de David Cameron a annoncé la hausse du revenu minimum de 12 points (soit 1% grosso modulo avec néanmoins un niveau spécifique pour les jeunes). Cette annonce s’inscrit dans un contexte de réduction drastique des dépenses sociales, vivement contestée même si certaines réformes semblent de bon sens. Au même moment, les Etats-Unis songent eux aussi à relever le montant du revenu minimum, même si celui-ci a vocation a fixer une limite basse pour les employeurs.

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L’impact du revenu minimum sur le taux d’emploi et le fonctionnement du marché du travail fait parti des débats non résolus des sciences économiques. Certains contestant son efficacité (c’est notamment le cas de Glaeser), d’autres tendant à démontrer son faible impact sur le chômage et ses vertus sur les conditions d’emploi des travailleurs faiblement qualifiés (c’est notamment la thèse fameuse défendue entre autres par David Card à l’issue de sa recherche, avec d’autres, sur l’impact de l’introduction d’un tel revenu minimum sur les travailleurs de la restauration dans un Etat américain).

Il est néanmoins communément admis qu’un revenu minimum trop élevé (y compris les charges) tend à avoir un effet dissuasif pour les employeurs et à contracter les salaires vers le haut – autrement dit à scotcher les travailleurs au bas de la grille des salaires à ce niveau, inversement, l’absence de revenu minimum aurait pour effet de créer une catégorie de travailleurs pauvres, voire très pauvres, tout en état à temps plein.

Sur la question comme sur tant d’autres, je n’ai pas d’avis mais il convient de constater qu’en la matière, la France se distingue par un revenu minimum particulièrement élevé et qu’elle se situe au tout premier rang parmi les pays développés. L’une des conséquences d’un tel choix est d’avoir un taux de travailleurs pauvres plus faibles que dans d’autres pays (même s’il ne permet pas de protéger l’ensemble des travailleurs du risque de pauvreté) et d’avoir un taux de chômage qui la situe plutôt du côté des pays du sud de l’Europe…..

Pour finir, cette carte, issue des récentes projections du FMI sur l’économie mondiale qui montre que la France est en bleu, ce qui est très très très mauvais et ce dont nul ne semble vouloir admettre.

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Une réponse à “France n°1 : revenu minimum

  1. Je suis perplexe du lien salaire minimum – chômage, de même que celui entre coût du travail et compétitivité. si une partie de l’europe sera en encore en récession en 2013, c’est je pense pour des raisons plus complexes et surtout à cause de l’absence d’une politique commune, d’une harmonisation … L’Allemagne n’a pas de salaire minimum, et on la présente comme l’élève modèle de l’UE, ok, mais on oublie le nombre de travailleurs précaires que ce pays compte. on est bien loin du progrès social visé et écrit dans les objectifs du traité de Lisbonne donc voilà quoi … 
    En attendant, en ce qui concerne la France, je fais partie de ceux qui pensent qu’il serait intéressant de relancer le débat autour de la durée du temps de travail comme réponse à court terme contre le chômage (voir motion 4 du PS par Pierre Larrouturou, Stéphane hessel). Qu’en pensez-vous ? 

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