Mooc

En octobre 2013, il sera possible de suivre un cours sur la physique et la chimie appliquée à la gastronomie proposé par l’université de Harvard.

Il faut sincèrement lire le dernier papier de Nathan Heller sur les Mooc paru dans le New Yorker. Nuancé et critique, il souligne combien les Mooc (pour massive online open course) marque sans doute une transformation radicale dans la manière dont les enseignements sont dispensés et dont s’organise plus largement l’enseignement supérieur.

Les grandes universités s’interrogent certes sur le modèle économique avec lequel elles pourront rentabiliser ces investissements qui, s’ils s’amortissent rapidement, n’en demeurent pas moins conséquents en première intention. Les grandes plate-formes de cours que sont Edx et Coursera envisagent dès à présent de faire payer une modeste somme pour accéder à certains cours, d’autres universités, telles que Georgia Tech, viennent d’annoncer qu’elles proposeraient des formules d’inscription à leur université, uniquement via Mooc et à moitié prix (à 7000 $ tout de même), d’autres modèles, tels que Minerva ou Udacity, sont d’ores et déjà pleinement positionnés sur le marché à but lucratif.

Cela laisse beaucoup de questions ouverts, et pour suivre actuellement personnellement un Mooc (sur les technologies urbaines), l’expérience de l’utilisateur a encore une belle marge de progrès. Néanmoins, comment ne pas reconnaître que l’opportunité d’offrir à des populations sans réel accès à l’enseignement supérieur des cours proposés par les meilleurs universités de la planète constitue un formidable progrès ? Comment ne pas admettre que plutôt que de suivre des cours dispensés par des professeurs médiocres dans des universités de second rang (ce qui ne signifie évidemment pas que ce soit la norme), mieux vaut permettre à ces étudiants de suivre le cours d’un professeur remarquable depuis chez soi, et non dans un amphithéâtre bondé et sous-chauffé?

Ces avantages incontestables laissent entiers les problèmes liés à la forme d’enseignement, à l’importance de pouvoir côtoyer physiquement des enseignants, plus encore d’autres étudiants. Évidemment, l’expérience d’une université ne se limite pas au simple fait de suivre des cours mais si la problématique est bien celle de continuer à offrir un accès quasi illimité au savoir dans un contexte où l’argent se fait rare et où certaines filières sont remises en cause au principe qu’elles ne permettraient pas un bon appariement sur le marché du travail, il ne faut sans doute pas décliner les possibilités ouvertes par ces nouvelles technologies mais bien au contraire s’en saisir au plus vite.

 

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