lutter contre la pauvreté : téléphone mobile, cash transfert

The Economist fait sa couverture sur la réduction de la pauvreté dans le monde et signe un excellent papier sur les conditions dans lesquelles le nombre de personnes vivant avec moins de 1,25$ par jour a été réduit par deux au cours des 30 dernières années. Les programmes sociaux y sont pour un peu, la puissante croissance économique des pays tels que l’Inde, la Chine et ou le Brésil pour beaucoup. The Economist a sans doute raison quand il déclare que pour éradiquer à terme la grande pauvreté, il faut organiser les conditions de la croissance économique dans les pays qui sont encore confrontés à une pauvreté massive et tenace, principalement en Afrique sub-saharienne, c’est à dire libéraliser ces économies et permettre au libre échange d’apporter ses bienfaits. Il va néanmoins un peu vite quand il décrète que cela suffit. Lutter contre l’extrême pauvreté est une chose, sortir les individus du risque de pauvreté en est une autre et le capitalisme, vertueux ou non, ne suffit pas (la récente catastrophe au Bangladesh interdit toute objection).

S’il est donc un impératif d’aider les pays les plus pauvres à sortir leur population de la plus grande misère, il est tout autant impérieux d’imaginer les politiques et les programmes pour permettre aux individus de sortir de la pauvreté tout court et d’éviter ainsi qu’ils ne basculent dans ce que les économistes appellent une middle income trap généralisée, c’est à dire d’être dans une situation où il n’est plus possible de dire qu’ils sont miséreux mais impossible pour autant de ne pas reconnaitre qu’ils vivent dans des conditions de précarité telles que le moindre incident les menace de retomber dans le plus parfait dénuement. Et, en la matière, les solutions libérales sont souvent insuffisantes. Il faut donc inventer des options qui passent par l’établissement progressif de systèmes sociaux, même minimum et créer les conditions d’une sortie définitive de l’état d’insécurité dans lequel les individus vivent. Quelques solutions, parmi d’autres mais qui ont la vertu de faire l’actualité et d’être particulièrement intéressante:

– offrir l’accès aux individus à des services financiers, comme cela se trouve au Kenya à travers le programme MPESA (17 millions d’utilisateurs), et comme l’expliquent deux excellents papier, l’un de The Economist et l’autre de Bloomberg.

– généraliser les dispositifs type bolsa familia, c’est à dire les transferts conditionnés d’argent, même si le programme brésilien a été récemment vertement critiqué.

donner de l’argent aux individus directement plutôt que financer des services dont on ne sait pas quelle sera leur efficacité, comme le propose de faire l’un de fondateurs de Facebook à travers une jeune ONG, GiveDirectly.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s